Charles Gave : scénarios de sortie de crise des dettes publiques

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Une interview bien intéressante que j'ai vu via facebook (merci Sacha), de Charles Gave sur les scénarios de conséquences des dettes publiques, les issues / conséquences expliquées clairement :

Bon visionnage ^^

2 commentaires

#1  - lobev a dit :

Le monsieur avec le costard et la cravate, dit "On est dans une crise structurelle de l'Etat, une crise structurelle du social clientélisme" (pratique qui consisterait à acheter des électeurs), "ça va se terminer, la grande affaire des années qui viennent cela va être la réduction du rôle de l'Etat, et je ne connais pas un seul exemple de l'histoire où la réduction du rôle de l'Etat n'ait pas amené un bull market" (marché haussier). L'explication est ensuite donnée : "l'Etat sort de secteurs où il n'a rien à faire, fait baisser son poids dans l'économie et donc automatiquement à ce moment là vous avez une hausse profonde du marché des actions, cela s'est passé en Suède, au Canada, cela s'est toujours passé".
Charles Gave est dans son rôle de libéral profondément convaincu. Si on examine le CV du monsieur on s'en aperçoit : "Après un début de carrière en tant qu'analyste financier, il a créé en 1973 l'entreprise Cegogest, spécialisée en recherche économique. Il est en 1986 cofondateur de Cursitor-Eaton Asset Management à Londres où il résidait depuis 1981. La société, qu'il quitte en 1999, est vendue en 1995 à Alliance Capital. Par la suite il fonde à Hong Kong GaveKal, une société de recherche et de conseil en gestion de portefeuille. Il est président du think tank libéral «Institut des Libertés" (source wikipédia)
Il fait partie de ces économistes pour lesquels il faut à tout prix maintenir l'ordre établi, la loi du marché, on ne peut pas qualifier son point de vue de neutre puisqu'il tire profit directement du fonctionnement du système en place et aura un intérêt directement personnel à la poursuite de sa libéralisation. Mais passons.
Son point de vue à mon sens repose sur un sophisme : un constat "un état clientéliste", une prédiction : "la fin de ces dépenses électoralistes". Jusque là ok, c'est son pronostic. Mais je ne vois pas le lien avec la hausse à venir du marché des actions. Le monsieur tente de l'expliquer par une référence historique : "A chaque fois que réduction de la place de l'Etat => A chaque fois hausse du marché des actions". Une question : quelle est la relation de cause à effet ? Il tente de justifier cette relation par une pensée analogique ou tout au mieux corrélative "A chaque fois que je vois un piéton traverser, je vois une voiture passer aussitôt. Donc si je vois un piéton traverse la prochaine fois, c'est qu'une voiture va passer. " En effet, c'est du propre. Mais ce n'est pas le seul travers de ce mode de pensée, elle est aussi réductrice car elle reste mono-causale et c'est un grave défaut en matière de sciences humaines. Une économie nationale résultant de l'action spontanée et en partie autodéterminée de plusieurs millions d'individus ou groupes d'intérêt en interaction aux intérêts parfois contradictoires et divergents ne peut voir son évolution positive téléguidée de manière quasi automatique par l'application d'une seule idée comme par ex. "la diminution du rôle de l'Etat". Donc j'aime bien l'emploi du terme "automatiquement". Et que fait-on d'une lecture Shumpeterienne en termes d'innovations ou de soutien publique à l'innovation par la création d'un environnement institutionnel propre à la favoriser (et donc d'une implication accrue de l'Etat au bon endroit et au bon moment) ? Que nenni ?
Ce monsieur n'est pas un idiot, je ne le crois pas. Il est juste dans son rôle un libéral convaincu et non désinteressé qui se retrouve sur un plateau entre bons amis, libéraux également convaincus (Nicolas Doze est coutumier du fait) qui s'autocongratulent d'une analyse juste et irréfutable sur le diagnostic du supposé malade et se félicitent d'avoir trouver le saint-graal de la potion économique reconstituante des forces vives de la nation : une réduction du rôle de l'Etat. Ce que je comprends surtout, c'est laisser nous plus de territoires vierges pour la croissance de nos affaires. Car c'est bien là le mal du capitalisme décomplexé, une fois qu'il a occupé tout l'espace, ses opportunités de croissance se réduisent comme une peau de chagrin à moins d'investir de nouveaux secteurs comme par ex. à l'occasion d'une privatisation massive de "jardins" naguère publiques.

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#2  - lobev a dit :

oups! je me relis je viens de décrire la relation de cause à effet dans ma conclusion. Cette croissance ne miserait pas sur l'innovation pour un redécollage économique mais sur une expropriation...

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